french lizard attitude in work

21 mai 2012

Joseph Hannibal, Recommencement

restesil neige à marseille 

A mille lieux du bagne de Cayenne,

Extirpé in extrémis du noir goulag,

Remonté nul ne sait comment du cachot,

La bave tiède et blanche tremblante aux lèvres,

Tel un chien égaré et sans maître,

Courant, jappant dans la plaine violentée,

Le poil encore dressé par la barbarie militaire,

Le regard incrédule devant tant de lumière,

La pluie sur le sommet couvert de fleurs,

Le sang chaud palpitant au gré de l’artère,

Sentant battre en lui l’écho du ravissement.   

il neige à marseillerestes

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16 mars 2011

Clémentine Feuillet, Ulysse ou les forces de l'inutile

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Et le soleil, soudain, se mettait à briller. La lumière était là, mais nul ne savait pour combien de temps. Un drame embaumait l’air tant est si bien que les nuages qui couraient par intermittence semblaient, au contraire, non pas alléger le ciel mais renvoyer au sentiment d’horreur. La catastrophe nucléaire, imminente, rendait à de vieux souvenirs terribles ou des émotions palpables, bien que dépassées. Une destruction systématique de la vie menaçait le réel au point de rendre vaine toute tentative d’élucidation et de pacification. Le soleil, pourtant, aveuglait les yeux de toutes ses forces :  astre immobile et sacré pour les Anciens, astre noir et fétide pour les Modernes. Il tentait de faire redescendre la pression qu'il ressentait dans son buste et sa tête comme s'il tentait d'atténuer l'ennui et les sensations désagréables logés là, de les jeter par devers soi. Attendre l’accident semblait être son lot le plus simple, le mal ou le crime de lui-même le plus banal mais non le plus insignifiant sur le plan des actions et des pensées. Se résoudre au malheur, était simplement une question de fatalité, de lassitude et de renoncement, tandis que le visage de la folie flottait de toutes parts. Les murs semblaient béants, sinon marqués par une empreinte vide. Etre une force au compte de l’inutile, cette phrase insolente de son enfance, le frappait désormais de toute son évidence.  

 

 

  

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19 décembre 2010

Joseph Hannibal, La chair des martyrs

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Elle dit qu’elle peut s’asseoir à côté de la chose et qu’elle est très bien assise, là, juste sur les côtés. La chose est sage et beaucoup plus tranquille depuis quelques jours : elle souffre moins. Les divers médicaments et les traitements ont l’air de faire de l’effet tant est bien que la chose arrive à dormir et se reposer. Elle peut rester des heures assise à côté de la chose, ce qui la calme et la réconforte. Elle dit que la chose s’est remise à manger à peu près normalement, ce qui n’était plus le cas auparavant. Les doses excessives de morphine que la chose devait prendre pour supporter la douleur lui donnaient, par ailleurs, l’envie de vomir et elle vomissait beaucoup. Elle dit qu’elle est soulagée depuis que la chose s’est remise à s’alimenter. Au début, il est vrai, la chose était sous perfusion, maintenant on a pu retirer l’appareil de la chambre. Elle reste à côté de la chose et elle lui parle doucement, la chose lui répond, ce qui est un net progrès. La chose ne grogne plus, elle ne crie plus non plus, elle paraît calme, paisible : la chose est heureuse, me dit-elle.

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Guillaume Flageul, Des roses encore...

 

 

 

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« Et le vent souffle… Les trembles et les bouleaux s’agitent avec le vent, et le vent souffle, souffle sur les feuilles des trembles et des bouleaux qui bougent toutes ensembles en faisant un bruit de vent, pendant que la tourterelle roucoule et chante dans le grand peuplier blanc, pendant que le soleil tombe sur les yeux de la petite Apolline qui les plisse et les frotte avec ses petites mains d’enfant si potelées, si fragiles et si douces. Que l’été s’annonce bien, que le temps est agréable, avec le vent si tiède, avec l’odeur des crêpes qui nous vient de la cuisine au travers du courtil, au travers du merisier, des trembles et des bouleaux dont les feuilles bougent, bougent comme des feux follets ; cette odeur qui signifie que nous sommes à la fin de l’après-midi, que nous approchons du soir et que le vent va devenir frais.

 

 

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08 octobre 2010

Joseph Hannibal, Journal (extrait)...

       enfant_mort

 

Tu rêves que ta sœur est morte, que tu viens d’apprendre son décès et le chagrin t’accompagne toute la nuit, quoi que tu fasses et rencontres par ailleurs dans ce même rêve –de jeunes et de vieilles connaissances justement. Ce deuil à faire, il faut bien le dire ainsi, te semble alors totalement injuste, affreusement pénible. Tu revois ta sœur telle que tu la connais, dans ses gestes, ses poses, ses défauts, certes, mais également tout le charme étrange qui se dégage d’elle au travers même de ces gestes, de ces poses et de ces défauts. Ce charme te paraît d’autant réel, intact, attristant, que le rêve  a prédit le terme de tout cela. Ce deuil annoncé, lourd, te fait penser que cela n’est pas juste. Comme toutes les pensées d’enfant, celle-ci te plombe jusqu’à ce que tu te réveilles et que tu réalises que tu es seulement fâché avec ta sœur. Fâcherie, au fond, qui équivaut à la mort au niveau inconscient. Comment en arrive-t-on, aussi bêtement ainsi ? La vie. La vie et les différences qui s’exacerbent alors que le peu de commun et de communauté s’efface, mais aussi comme une sorte de filtre de vérité, assez horrible dans son travail, qui révèle les personnes pour ce qu’elles sont dans leurs mensonges innés, leurs trahisons notables ou leur commerce des sentiments. Combien les frères et sœurs font alliance parfois pour des raisons plus ou moins honnêtes, et combien cela repose sur peu d’amour véritable, c'est-à-dire de réelle compréhension, empathie, seule la farce dérisoire de la vie nous le montre par la suite comme si, évidemment, pour beaucoup le terme d’amour renvoyait toujours à son contraire : la détestation refoulée, l’invidia mal négociée, l’envie frustrée via l’insatisfaction de soi, qui ne parvenant à se suturer, faire boucle sur elle-même, confine à la violence rentrée. Ta sœur te rapportant ces mots sur un ton faussement candide : la première fois que je t’ai vu dans ton berceau, tu devais avoir dans les cinq ans, ce que j’étais heureuse… Et moi, bien sûr, de lui répondre par un sourire amusé. Malaise et réalité impossible : aucun enfant auparavant unique, du fait de son statut de premier enfant, n’est heureux de ne plus l’être, ma jolie, ou de découvrir un beau jour qu’il n’a plus sa place, même et surtout symbolique. Tout a reposé ensuite sur ce faux-semblant, dire que l’on aime quand on voudrait seulement être aimé, dire que l’on aime quand on voudrait simplement le pouvoir, être une grande sœur en rapport d’un petit frère. Et quand la vie a prouvé que cette équation comparative (grand/petit) était clairement obsolète, l’amitié s’est trouvée non seulement déracinée mais annihilée jusqu'à devenir virtuelle, formelle, dans la mesure où le passage à son vrai visage n’aurait toujours pas été possible, et jusqu’à ce que je réalise, avec émotion que j’avais aimé une personne qui n’avait jamais osé m’exprimer ni sa rivalité (fusionnelle) ni sa haine (ne voulant pas de ma pauvre compassion). La veille, rêve proche, au sens parent du terme et ce, dans sa structure même : ta sœur, déjà, que tu rencontres et qui te dit qu’on entend tout ce que tu dis. Angoisse (la mienne) d’être sujet de lâches voyeurs qui voient ou écoutent aux portes mais n’interviennent pas, qui ne font qu’espionner passivement. Le rêve prépare d’une nuit sur l’autre ce qui suit : on t’entend (inconscient) et on te l’annonce (la mort de ta sœur) ou bien c’est toi qui cherche à tuer, supprimer la douleur pour faire le deuil en paix, et pouvoir oublier, laisser les souvenirs passés, les illusions défaites par devers soi. Sauf qu’à la différence de beaucoup que je ne citerai pas, ce ne sont pas les émotions qui me font peur. Moi ce qui m’attriste c’est que tout le monde soit mort ou fasse le mort… Ce qui me désole, c’est ce rejet total de la vie, ce besoin d’idéalisation en bien, en mal, qu’ils ont tous, cette chapelle ridicule des sentiments cachés qu’ils entretiennent à corps de bras comme des moulins qui remuent le vide, cet amour possible seulement à distance, et en partie faux, telle la forme la plus fréquente de nostalgie.  

                

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05 octobre 2010

Agathe Volères, Nul ne le sait ...

 

  pierre_romaine             Et si tout cela s’était produit il y a maintenant des années, une éternité déjà et presque un siècle; un siècle au demeurant, cela reste un mot comme un autre, après tout, pour approcher et décrire une durée relativement grande qui absorbe du temps; du passé enseveli sous des plombes sans que l'on puisse ou que l'on veuille se souvenir de l'heure de l'avalanche, à quoi bon, le met à l’entrée du train en verroterie caoutchouteuse qui mesure l’incidence du passage des faits, les met à l'épreuve comme toujours, signale la latitude et la charge de leurs caractères respectifs, évalue l’ impact en regard des traces, des cicatrices laissées, du présent, de la nommément actualité, et de la tenue de chaque instance représentative de mémoire. Chaque balise nerveuse contenant un évènement spécifique, correspondant à une sorte de bouche désaffectée et de tunnel immense assorti de clapets ; tout est si organique à cette échelle des phénomènes, le pousse à l’intérieur, commence à le déformer, l’avaler, le plonge telle une torpille ou une sonde dans les entrailles, puis le digère. Un nombre infini de saisons se succèdent alors comme dans un kaléidoscope, s’égrènent une à une et s’étalent, impavides telle une imposante germination de tristesse, de malheur, d’abattement végétal, et aussi d’espoir en petite quantité. Une quantité minuscule, une poussière d’espoir criant dans le jour, dur, brûlant, résistant dans la paume, tremblant encore de promesses, d’utopies, de fantasmes, de rêves à venir. Si cela semblait s’être produit dans un passé capharnaüm des plus lointains, avait existé, avait été présent, solide, épaisseur réelle, désormais un cachot fermé à double-tour embrassait et étouffait tout dans sa poigne tremblante, sa poigne glacée à cause justement du tourbillon, du sentiment d’ineffable répétition que l’on ne peut parfois s’empêcher de ressentir et bien malgré soi, je l’avoue, devant tout seuil qui semble frappé d’interdit. Une légère appréhension, une émotion attaquante par nature que l’on ne peut s’empêcher de convoquer là, à la surface et comme à dessein, contaminant l’oubli et l’instinct tandis que s’imprime avec force le balbutiement, la ride commençante du commencement de quelque chose d’autre qui ne veut ni renoncer à être ni persister pour autant dans l’espace du refoulement.  

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02 octobre 2010

Joseph Hannibal, Nota bene

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Un sentiment de lassitude ou d’accablement vis-à-vis des choses que l’on ne comprend pas, que l’on ne parvient pas à comprendre. Et combien de choses dans ce cas ! Chaque fois que tu as l’impression d’apprendre, que tu as la réelle occasion de le faire, tu mesures d’autant tout ce qui te sépare du point (terrible) que tu n’atteindras jamais. Tu comprends pour mieux voir parfois à quel point ton propre jugement est vulnérable, à quel point juger est du vent, juger est une montagne de sable qui se déplace, que tout cela est dérisoire devant l’immensité aveugle de la réalité qui, elle, ne t’épargne jamais, qui elle ne t’épargne pas et sans pour cela avoir besoin de te regarder en face.

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29 septembre 2010

Guillaume Flageul, Des roses encore (extrait)

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Emmanuel a l’air rêveur. Emmanuel possède un don pour s’extraire du monde. Emmanuel manipule une pomme de pin avec une concentration et une attention qui laissent à penser que cela peut avoir à ses yeux une réelle importance, alors qu’il n’en est rien évidemment. Emmanuel est absent. Mon Emmanuel est loin de moi. Il croit que je dors mais je le vois ; très mal, un peu de travers, seulement j’ai la vue perçante, même assoupie j’y vois suffisamment. Mon Emmanuel me considère comme l’enfant que je suis, cependant ainsi que lui, je suis imaginative pour mon âge, je devine plein de choses, même des choses de grands. En cet instant, si on était dans un conte de prince charmant, je voudrais qu’Emmanuel se lève, vienne à moi sans faire de bruit, qu’il s’accroupisse contre moi et dépose un baiser sur mes lèvres closes qui respirent doucement en dormant. Je sentirais et j’ouvrirais mes yeux vers lui, j’étendrais calmement mes bras autour de son cou et l’attirerais languissamment contre moi pour le serrer très fort sans lui faire de mal. On resterait comme ça tous les deux. Mais, on est dans la vie. Emmanuel m’observe à la dérobée. Un bourdon rôde près de mon visage. Aussi, comme ça me fait un peu peur, je me retourne, le ventre contre la terre pour ne plus le voir et j’ai la tête dans l’herbe ; s’il me scrute encore, sûrement qu’Emmanuel peut voir mes jambes maintenant, dessous ma robe qui s’est relevée, mais ce n’est pas grave, c’est pareil que lorsqu’on se baigne à la piscine ou à la mer. J’entends le ramage des oiseaux quelque part, il doit y en avoir autour de nous. Une coccinelle grimpe sur une tige d’herbe devant moi. Arrivée au sommet, elle redescend. En bas, elle rencontre une fourmi qui lui donne des coups d’antennes et rebrousse chemin à toute vitesse. Billie me lèche les chevilles et je rigole.

 

 

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22 septembre 2010

Aurore Val, De Profundis...

 

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1 chère apocalypse...

 

 

Un lambeau de linge aqueux sur le mur,

Puis le silence noueux sur fond de dépression,

Clinique taciturnie du temps révulsé,

L’accident atroce ayant percé l’atmosphère,

Antique boutique paralysée jusqu'à l'effroi,

Quelques cadavres d'oiseaux volaient en éclats,

Auguste charcuterie pratiquée sur viande fraîche ou moderne,

Miroir contondant aux bords argileux devenue matière à obsessions,

Hommes et femmes languides au soleil se confondent, se pénètrent,

Chat et chiens se lacèrent dans l’impétueux vacarme,

Seul importe dans le rayon de lune le sourire trouble de la progéniture royale,

Le sommeil écarlate de l’enfance sucrée au miel dans la bulle d'opale,

La chair dilatée, onctueuse, rose, de la descendance bâtarde précieuse,

La fièvre ardente au front pâle du nourrisson qui végète dans le lit poussiéreux,

Tout dort depuis si longtemps dans une raison faussement sage,

Un climat d’ordre et d’outrage où pointent l’ennui et l’exaspération,

Serais-je si résigné par simple habitude ?

Serais-je aussi crétin sur mon compte ?

Des sentiments dégradés aux émotions devenues opaques,

Les rideaux épais de brume et de brouillard filtrent tendrement le clair du jour,

Même la nuit qui descend, la nuit qui tombe, paraît de velours d’encre,

D’un sang noir de chauve-souris amère, maniaque,

Peinant à ramasser ses morceaux dans sa cape,

Guettant l’aube, l'angle, l’ouvrage, la suite, à n’en plus finir.

 

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Joseph Hannibal, Journal d'un saint...

Avec l'expression de mes salutations distinguées...

 

Journal d’un saint (extraits, 1998-2000)

 nostalghia

 

J. a l’impression qu’on nous persécute. Il n’en parle pas directement, mais je sens à la tension rentrée qu’il dégage, au degré de violence qui émane de cette force butée, organique, qui sourd de son corps et emplit la pièce, qu’il pense à quelque chose de dramatique et de sauvage : un effondrement, un acharnement complet du sort sur nos vies, une guerre qui entame chaque jour notre résistance, dont nous ne pouvons savoir à l’heure actuelle si nous gagnerons une seule manche, une seule étape sur la carte, ou si nous serons purement exterminés. J. est profondément affecté par ce qui nous arrive. Je peux voir sur son visage triste, agité, fiévreux, combien son désespoir est parfois plu grand que le mien, car moi, lui dis-je, j’arrive toujours à dissimuler, à faire semblant, à jouer un rôle, à mentir s’il le faut, à me protéger devant les autres, et cela aide, oui, cela aide à passer de tels moments. J. ne sait pas faire écran à ses terreurs ou obsessions. Au fond, il est trop innocent pour cela, trop sincère, trop modeste aussi. Par comparaison avec moi qui ne me fais souvent aucune illusion sur les autres, leurs motivations secrètes que je sais être, par nature, rivalité, envie, prétention, obsessions narcissiques, identitaires, tentative de pouvoir, jalousie et haine de la création, et que je devine très vite, et pour lesquelles je n’ai que du mépris, il dit qu’il se sent moins inconscient et dangereux que je ne le suis dans mon rapport à la société, sauf que, et c’est le revers de son attitude, pris dans la toile, englué comme un insecte, il ne peut échapper à l’emprise du désespoir, ni contourner l’obstacle, le remettre à plus tard. Il est obligé de l’affronter dans sa toute raideur, sans gants, sans la moindre altération ; alors, il ne peut resserrer cet étau qui s’avance sur lui.

 

 

 

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